Un homme habité à pleine vitesse

Mon cœur bat fort et se serre à chaque fois que je revois ces images :
cet impact violent, ces roues qui s’envolent comme ta vie.
La fumée, et la fin.

Et cette question qui me taraude :
est-ce que ce qui nous anime est plus fort que le danger ?

Tu as fait de ta vie une légende, Ayrton.
Un passionné, un sportif : chaque virage était empreint de ton intensité.
Un Grand Prix n’était pas qu’un Grand Prix, il était habité par ton aura.

À l’époque où Marlboro s’affichait comme une marque “fun”,
dans ta McLaren-Honda rouge et blanche,
tu avais surtout la tête d’un homme un peu trop passionné.

À Suzuka, au Japon, ton histoire s’est aussi construite autour d’une rivalité devenue légendaire :
celle avec le “professeur”, notre Alain Prost national.
En 1989 et en 1990, vos voitures se sont percutées, comme vos destins.
Deux collisions qui symbolisaient vos vies et vos gloires croisées.
En 1989, Prost est sacré champion.
En 1990, ce sera ton tour, Ayrton.

Ayrton, tu n’as pas oublié d’où tu venais malgré le succès.
Tu semblais chercher un sens dans tout.
J’admire aussi ton autre casque, celui que tu offrais aux plus défavorisés.

Depuis, la Formule 1 s’est beaucoup sécurisée, et c’est tant mieux.
Au final, même lancé à pleine vitesse,
on peut garder les yeux tournés vers les autres.