Quand le mythe a deux bras, deux jambes et qu’il parle

Il y a quelques années, j’étais en stage dans une radio.

Un jour, on me demande d’interviewer Henri Émile dans le cadre de la Coupe du monde de beach soccer.

J’arrive.

Deux journalistes.

Les membres de l’équipe de France.

Tout est simple. Fluide.

Puis on me dit :

“Vous pouvez rester. Eric Cantona descend dans cinq minutes.”

Panique interne.

Pas d’excitation.

Pas vraiment.

Plutôt l’inverse.

Je n’ai pas tellement envie que quelque chose s’effondre.

Je fais cette interview collective.

Il parle beaucoup.

Il fait du Cantona.

Présence très marquante.

J’en attendais pas moins. Pas plus.

Je ne parle pas de Manchester United.

On m’a demandé après pourquoi je n’ai pas demandé d’autographe.

Vraiment ?

Je n’étais pas là pour ça.

Et surtout, il y a toujours un écart.

Entre ce qu’on projette

et ce qui est.

Si vous tenez à vos idoles,

il vaut peut-être mieux

ne pas trop s’en approcher.