Quand la droite a perdu sa boussole

De la responsabilité économique à la protection inconditionnelle du capital dominant.

Rappel factuel.

La surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises n’a pas été refusée par “le système” au sens abstrait.

Elle a été concrètement rejetée à l’Assemblée nationale par :

• le gouvernement et sa majorité,

• la droite classique,

• et aussi par des partis se revendiquant du peuple, comme le RN, qui n’a pas soutenu la mesure de façon décisive.

Autrement dit : des forces politiques censées représenter la population ont refusé de faire contribuer davantage les acteurs économiques les plus dominants, même temporairement.

Ce que cela implique

Ce refus acte un choix clair :

• préserver les profits exceptionnels des grandes entreprises,

• tout en demandant des efforts au reste de la population,

• au nom d’arguments qui relèvent davantage de la légende urbaine économique que de faits établis.

Fuite des capitaux, effondrement de l’investissement, instabilité fiscale :

ces arguments sont répétés, rarement démontrés, et contredits par les expériences européennes récentes.

Le cœur du problème politique

Aujourd’hui, il n’y a plus de droite au sens politique du terme.

Être de droite, historiquement, ce n’est pas :

• refuser toute contribution des acteurs dominants,

• ni organiser l’assistanat du grand capital,

pendant que le reste de la population est pressé comme un citron au nom de la “responsabilité”.

Être pro-entreprise, ce n’est pas :

• sanctuariser les profits exceptionnels,

• refuser toute contribution ciblée et temporaire,

• socialiser les pertes et privatiser systématiquement les gains.

Ce que devrait être une droite cohérente

Une droite digne de ce nom devrait défendre :

• la création de valeur réelle,

• l’investissement productif,

• la responsabilité économique,

• et l’équilibre entre effort collectif et réussite individuelle.

Ce que nous avons aujourd’hui, ce n’est pas une droite économique.

C’est une idéologie de protection inconditionnelle du capital dominant, même lorsqu’il n’a plus besoin d’être protégé.

Conclusion

Refuser une surtaxe exceptionnelle sur des profits exceptionnels,

tout en demandant des sacrifices au reste de la population,

ce n’est ni libéral, ni conservateur, ni responsable.

C’est un déséquilibre politique assumé

et c’est précisément ce déséquilibre qui alimente la colère, la défiance et la rupture démocratique.