Les Schtroumpfs

Gargamel, passe ses journées à scruter la forêt.

Pas pour y vivre. Non. Pour y traquer une menace imaginaire.

Dans sa tête, le village des Schtroumpfs n’est pas un havre paisible, mais un complot.

Trop nombreux. Trop bleus. Trop différents.

Ils se reproduiraient en secret, envahiraient l’espace, dilueraient l’âme de la forêt originelle.

Gargamel parle alors de grand remplacement,

comme s’il s’agissait d’un sortilège ancien,

alors qu’il ne s’agit que de sa propre peur projetée.

Il n’habite pas le village.

Il ne connaît aucun Schtroumpf.

Mais il est convaincu qu’ils veulent sa maison, sa marmite, son passé.

Obsédé par leur simple existence,

il confond démographie et invasion,

présence et menace,

réalité et fantasme.

Et pendant qu’il crie au complot,

les Schtroumpfs, eux, continuent de vivre.

Sans plan. Sans haine.

Juste là.

Comme souvent, le danger n’est pas dans la forêt.

Il est dans le regard de celui qui la désigne comme ennemie.