Une lettre tous les six mois, digne d’un compte rendu secret-défense, tant les passages étaient noircis.
L’enfermement interminable.
As-tu encore conscience du temps qui passe ?
As-tu encore la sensation d’être Mandela ? Ou au contraire sais-tu que tu es Mandela justement et qu’un jour, ce sera ton jour ?
Cet épisode quasi biblique, où l’homme se sacrifie pour une cause, allait fédérer autour de toi.
De la pierre froide de Robben Island, tu as forgé une légende.
Vingt-sept années volées certes mais tu n’as pas renoncé, tu t’es préparé et tu es sorti debout.
DEBOUT. Une foule et toi, après vingt-sept ans, quel vertige…
Pas avec la rancune, mais avec la paix.
Tu as montré que la liberté peut naître derrière les barreaux,
et que le pardon est une arme plus puissante que la vengeance.
Cher Nelson, ce jour-là, ce jour d’élection, quand tu votes pour la première fois,
sais-tu déjà que tu as gagné ?
Pas seulement une victoire politique, mais la paix durable.
Moi qui vis aujourd’hui en terre de rugby,
je ne peux que penser à 1995,
quand la Coupe du Monde scella aux yeux du monde
la victoire de ce qui est juste, de ce qui est humain.
À ta mort, un hommage universel : plus d’une centaine de chefs d’État, venus te rendre hommage.
Il fallait bien que tu partes en paix !
La nation arc-en-ciel que tu as bâtie au prix d’une bonne partie de ta vie nous enseigne qu’il n’y a pas de paix sans pardon.