La Petite Sirène

Elle avait une voix
que tout le monde remarquait.

Trop claire.
Trop vive.
Trop singulière.


On lui expliqua très tôt
que pour être aimée,
il faudrait lisser.
Adoucir.
Faire moins de bruit.

Elle abandonna sa voix
contre une promesse d’amour
et l’illusion d’une place.

On la trouva soudain plus acceptable.
Plus belle.
Plus désirable.

On l’écoutait enfin.
À condition qu’elle se taise.

On appela ça une réussite.

Désormais, elle avait des jambes.
Elle pouvait avancer.
Mais plus jamais
vers elle-même.