L’ « humour militant » n’est pas un genre.
C’est une étiquette.
On l’utilise rarement pour décrire un contenu, presque toujours pour le disqualifier.
Dire d’un humour qu’il est « militant », ce n’est pas analyser ce qu’il fait rire ou non ;
c’est suggérer qu’il sortirait d’un cadre supposé neutre.
Or l’humour n’a jamais été neutre.
La satire, par définition, choisit un angle, une cible, un déséquilibre à révéler.
Ce qui est frappant, c’est que cette accusation ne s’applique pas de manière symétrique.
Un humour moqueur à l’égard des minorités, du féminisme ou de l’écologie est rarement qualifié de militant.
En revanche, dès que l’humour interroge le pouvoir, les normes ou les rapports de domination, il le devient.
L’ « humour militant » n’est donc pas un excès d’engagement.
C’est un humour qui dérange.
Et ce dérangement en dit souvent plus sur le cadre social qui l’accueille que sur l’humour lui-même.
L’ « humour militant » n’existe pas.
Lorsqu’un propos humoristique est jugé sur le plan politique, la réponse légitime est le débat, pas la censure.
Le bâillon n’est pas un outil démocratique.