Inclusion scolaire : un choix politique, pas budgétaire

Il y a quelques jours, le Sénat français a rejeté la fonctionnarisation des AESH au nom du “coût”.

Comparons.

En Italie, l’inclusion scolaire repose sur des enseignants de soutien, fonctionnaires, formés et intégrés dans la classe.

Le pays dépense massivement pour l’inclusion, probablement plus qu’en France, mais via des postes qualifiés et stables.

En France, on a fait un autre choix :

– des personnels non enseignants,

– à temps partiel imposé,

– sous-payés,

– avec une responsabilité énorme… sans reconnaissance statutaire.

Puis on affirme que les titulariser « coûterait trop cher ».

L’Italie paie déjà ce coût.

Elle a simplement choisi de le payer dans la qualification et la stabilité, pas dans la précarité.

Ce raisonnement révèle surtout une vision court-termiste des politiques publiques.

À force de refuser d’investir aujourd’hui dans une inclusion de qualité, ce sont les enfants qui en paient le prix : décrochage scolaire, souffrance, perte de chances.

Le manque d’AESH oblige même à prioriser certains élèves, au détriment des autres.

Et ce renoncement n’efface pas la dépense :

il la déplace dans le temps, sous forme de coûts sociaux bien plus élevés demain (accompagnement tardif, chômage, dépendance, soins).

Le débat n’est donc pas budgétaire.

Il est politique.

Les élèves en situation de handicap représentent environ 4,5 % des effectifs, et reçoivent environ 5 % du budget éducatif.

Ils ne coûtent pas plus que les autres, alors qu’ils ont besoin de plus.

Cherchez l’erreur.

De plus, on observe une augmentation des orientations vers le médico-social, fréquemment consécutives à l’insuffisance des moyens humains et organisationnels de l’école inclusive, ce qui rend la scolarisation ordinaire difficilement soutenable pour certains enfants.

Coût estimé ? 5 à 10 fois plus cher.

Je ne dis pas que l’un remplace l’autre.

Je dis que l’argument du coût est, au final, profondément bancal.

Alors une question demeure :

Y a-t-il un véritable souhait d’inclure les enfants en situation de handicap dans le système scolaire, ou s’agit-il d’une vaste communication ou organisation cruelle, qui met en souffrance les enseignants, les AESH, les parents, et surtout les enfants ?