Galette sans gluten mais pas sans caricature

La démonstration de Laurent Wauquiez, consistant à brandir une galette des rois sans gluten pour illustrer le déficit de la Sécurité sociale, est doublement fausse.

Fausse factuellement, car le remboursement des produits sans gluten :

• concerne exclusivement une pathologie médicale (la maladie cœliaque),

• est strictement encadré et plafonné,

• représente un coût national marginal, de l’ordre de 1 million d’euros par an, soit une somme budgétairement insignifiante.

Démagogique politiquement, car elle détourne l’attention :

• des choix structurels de financement,

• en désignant des malades comme symbole d’« abus »,

• en jouant sur l’absurde plutôt que sur les chiffres.

Pour aider Laurent Wauquiez à trouver la fève, et à offrir la prochaine galette, avec ou sans gluten, sans démagogie bien sûr, voici une proposition simple :

Proposition : compenser le coût médical des galettes sans gluten par des postes discutables payés par l’argent public

1 Coiffeur de l’Assemblée nationale

→ ≈ 400 000 € / an

→ Dépense de confort, sans utilité publique.

2 Buvette de l’Assemblée (alcool réglé via les frais de mandat)

→ ≈ 90 000 € / an

→ Aucun enjeu sanitaire, aucune nécessité institutionnelle.

3 Fleurs et décoration florale institutionnelle

→ ≈ 280 à 300 000 € / an

→ Décoratif, symbolique, sans impact démocratique.

4 Impression papier et documents internes évitables

→ ≈ 250 000 € / an

→ Alors même que la dématérialisation est possible et exigée ailleurs.

Total

≈ 1 040 000 €

Soit davantage que le coût annuel estimé des galettes sans gluten remboursées, sans stigmatiser :

• ni les malades,

• ni la solidarité,

• ni la protection sociale.

Le problème n’est pas la galette.

Le problème, c’est l’usage politique de la caricature.

Laissez donc les humoristes travailler.

Et faites de la politique.